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CONFERENCE SYNTHESE:

La crise grecque est un épisode actuel de la vie du système financier et économico -financier mondial qui nous révèle des dysfonctionnements liés à la globalisation de la finance et à la financiarisation de la globalisation aperçus à partir des rampes géoéconomiques et géopolitiques de l’intégration régionale européenne. Elle a de ce fait permis de révéler des distorsions associées à la montée en puissance politique des centres de la finance et à leur poids sur les Etats engagés dans la spirale inflationniste de la dette souveraine (Bruno THERET et Fréderic   LORDON). Elle exprime également des tensions et des pressions pesant sur le processus de la construction européenne en tant que dynamique d’intégration régionale justifiée par la logique des effets d’entrainement ou spill over (Ernst Haas).

Elle met également en lumière les résistances liées à l’expérimentation en situation européenne des techniques et technologies politico-économiques tropicalisées d’imposition et d’institution des reformes d’austérité à la mise en œuvre du « Washington Consensus » (John Williamson). Elle exprime par ailleurs une dynamique indicatrice de la déstabilisation symbolique de la valeur de l’unification européenne liée au déclassement de la Grèce considérée comme le berceau       de la culture européenne et occidentale, le lieu d’origine de la « géo-culture ». (Immanuel Wallerstein et Samir Amin). Elle fait état des craquèlements de l’unification européenne liée à la rigidité managériale et financière de l’hégémonie allemande sur la zone Euro et la prépondérance croissante des seigneuries banquières et financières. Les difficultés pesant sur le renforcement de la consistance politique de l’unification du fait de l’emprise croissante des puissances bancaro-financiéres sur la « géo économie » (Edward Luttwak) ne sont pas épargnées par ce wikileaks d’un nouvel ordre.

Sont également dévoilés les décalages et découplages existant dans la construction de l’unification européenne confrontée aux formes financières et actionnariales « développement inégal » (Samir Amin) existant entre les différentes nations concernées par ce processus. Au final la crise grecque constitue un symptôme d’une crise de gouvernement du système, associé à l’unification européenne. Cette dernière étant elle-même confrontée à des problèmes d’équilibre entre les exigences souveraines et représentatives d’une part et les exigences financières et actionnariales créés par le conatus hégémoniste (Spinoza, Fédéric Lordon ; Mathias Eric Owona Nguini) associé à la souveraineté du capital d’autre part.

I-                   UNE CRISE POLITICO-FINANCIERE METTANT EN LUMIERE LE SURPASSEMENT DE LA SOUVERAINETE ETATIQUE PAR LA PUISSANCE DE LA FINANCE.

La crise de la dette Grecque exprime la supplantation croissante de la puissance des Etats par la prépondérance de leurs créanciers financiers et bancaires dans la mesure où l’on assiste à une montée en puissance politique du capitalisme actionnarial. Ce dernier entraine une dépendance de la souveraineté des Etats vis-à-vis des institutions bancaires et financières et amène à un tribut conséquent de la gestion souveraine des finances publiques par rapport aux exigences transterritoriales de la finance globale.

La prééminence de plus en plus exprimée des actionnaires créanciers des Etats et leur force d’action font état de la montée en puissance d’un capitalisme non plus basé sur la logique productive avec création de la valeur, mais d’un capitalisme fondé sur l’actionnariat improductif. Cette crise a permis de voir comment les centres actionnariaux agissent sur les Etats endettés par exemple à travers les fonds de pension.

Les Etats, autrefois maîtres de leur gouvernance et donc souverains se doivent de plus en plus de collaborer avec des institutions qui posent des conditions amenuisant le champ d’action des héritières de Westphalie (Etats) tout en augmentant le leur. C’est l’expression de la montée en puissance de ces institutions mais également de la dépendance progressive des Etats. Les plans de sauvetage de la Grêce, proposés par la commission de l’UE avec accord de l’Allemagne, dont la position n’est pas toujours tributaire du bien-être de l’Etat mais aussi des intérêts des banques installées en Allemagne, cristallisent la dépendance de l’Etat grec qui n’est dès lors plus maître de son destin mais dépend des directives des nouveaux hégémons bancaro-financières. Il s’agît en effet d’une annexion des unités étatiques de domination par les machineries hégémoniques bancaro-financières. Les fonctions étatiques (européennes) sont de ce fait exposées aux appétits de pouvoir des puissances bancaro-financières comme maitres créanciers sur les souverainetés endettées.

Les Etats sont de plus en plus subordonnés aux injonctions de leur créanciers bancaro-financiers qui deviennent les nouveaux centres de coordination politique, dès lors qu’ils indiquent la conduite à tenir. La réduction d’un tel état des faits passe inéluctablement par la canalisation marchande des logiques étatiques d’endettement et globalement de gestion des finances publiques.

II-UNE CRISE ECONOMICO-FINANCIERE METTANT EN EVIDENCE LE DEPASSEMENT DE LA PUISSANCE ETATIQUE PAR LA SOUVERAINETE TRANSNATIONALE DU CAPITAL.

La crise grecque exprime des mutations géopolitiques et géoéconomiques de la construction européenne affectée par les effets régionaux de la transnationalisation hégémonique du capital. En effet, l’on assiste à une spoliation des cadres normatifs nationaux qui conduit à des effets pervers de la bancarisation et de la financiarisation de la gestion en finances publiques. Ceci étant, les politiques parlementaires ne restent pas inchangés face à l’hégémonie du capital transnational.

L’impuissance des Parlements est mise à nu face d’une part aux dérives gouvernantes liées à l’explosion des déficits publics et d’autre part face à la capture des finances publiques par les calculs des créanciers bancaro-financiers et de la logique bureaucratico-marchande de Bruxelles. La crise souligne également les effets pervers de la bancarisation et de la financiarisation de la gestion des finances publiques. En effet, les finances publiques se retrouvent colonisées par les exigences marchandes des créanciers bancaro-financiers. L’on assiste alors à un étranglement des souverainetés endettées par les contraintes bancaro-financières de remboursement de la dette.

Soulignons par ailleurs, l’exposition des puissances étatiques et politiques parlementaires à l’hégémonie du capital transnational. Dans cet ordre d’idée, la crise a révélé la montée en puissance radicale des formations bancaro-financières globalo-libérales dans la gestion des finances publiques et mis en lumière la dépossession des enceintes gouvernementales et parlementaires du contrôle des finances publiques par leur supranationalisation et leur transnationalisation régionales.

III-UNE CRISE SYSTEMICO-FINANCIER METTANT A NU L’EXIGENCE D’UNE RECONSTRUCTION DES RAPPORTS ENTRE ETATS ET FINANCE TRANSNATIONALE.

Face à tous ces dérèglements, il apparaît impératif de réformer et réévaluer la gestion des finances publiques en vue de les valoriser. Trois options s’offrent dès lors.

Premièrement, l’option d’un desserrement de l’emprise des seigneuries bancaro-financieres transnationales sur les finances étatiques. Il est question de réformer et alléger l’emprise des puissances bancaro-financiéres sur les Etats à travers les dettes souveraines vertigineuses. Une régulation canalisant la spéculation marchande bancaire et financière exercée sur la dette des Etats est également indispensable pour parachever le desserrement.

Deuxièmement, l’option d’une canalisation simultanément républicaine et actionnariale des déficits publics. Son effectivité passe par une revalorisation des canaux représentatifs de contrôle et d’évaluation des finances publiques dans un premier temps et une reforme ouvrant le dialogue entre les parlements, les citoyens et les créanciers du souverain par la suite.

Troisièmement, l’option d’un rééquilibrage des relations entre gouvernance et finance par la combinaison d’une mondialisation régulatrice régulée. Il est ainsi nécessaire d’instituer des plafonds limitant un endettement vertigineux du souverain. La crise appelle aussi la nécessité d’instituer des mécanismes supranationaux et transnationaux publics et civils de contrôle de la capacité spéculative des seigneuries bancaro-financiers et de leur hégémonie concessive et corporative correspondant à de nouvelles logiques seigneuriales de bénéfices et d’offices.

Mathias Eric OWONA NGUINI (Socio-politiste, Université de Yaoundé II-Soa-FSJP et Fondation Paul Ango Ela de Géopolitique en Afrique Centrale)

dimanche, 16 août 2015 13:20

LES CONFERENCES AU PSSFP

29 Juillet 2015 « l’Approfondissement du processus de la décentralisation au Cameroun, état actuel de mise en œuvre et perspective »

Conférencier : M. Jean Pierre KUATE Administrateur civil Principal hors échelle.

La définition des enjeux de la décentralisation, la mise en œuvre du processus depuis 1996, les difficultés auxquelles ce processus fait face et les perspectives pour l’avenir ont été les points sur lesquels à tourné la conférence. Il a été observé que la mise en place juridique s’est achevée en 2010 et depuis lors, le Cameroun se trouve dans la phase d’opérationnalisation marquée par le transfert des compétences et des ressources.

Mercredi 12 Aout 2015 « Crise de la dette publique Grecque : dynamiques, enjeux, conséquences et enseignements  pour l’Afrique », salle Hamadou Sambo de l’Immeuble de la solidarité, la première : analyse économique de cette crise.

Conférencier : Pr AVOM Agrégé d’Economie et de Gestion

Au-delà des causes politiques et économiques qui constituent les origines lointaines de cette crise, l’on peut retenir que la dette n’est pas négative par elle même. Elle ne peut l’être que si son utilisation n’est pas en adéquation avec le niveau de l’économie réel et la perspective de croissance économique. Dans le cas où ces conditions sont réunies, elle constitue un accélérateur de bien-être.

Mercredi 29 Avril 2015, « Criminalité transfrontalière et sécurité financière en zone CEMAC »,

Conférencier : Pr Joseph Vincent NTUDA EBODE Directeur du Centre de Recherches et d’Etudes Politiques et Stratégiques de l’Université de Yaoundé II

La criminalité transfrontalière impacte les pays d’Afrique Centrale et leurs économies en ralentissant la vitalité de la production dont les effets sur les recettes publiques sont évidents. Ces conditions engendrent l’insécurité financière des Etats et mettent en difficulté la mise en œuvre des politiques publiques.

dimanche, 16 août 2015 13:09

FORMATION DES FORMATEURS

Du 05 au 08 mai 2015 : FORMATION DES FORMATEURS

Dans le cadre du renforcement des capacités de formation de l’Institut Supérieur des Finances Publiques, il s’est tenu à Yaoundé, un stage de « formation des formateurs en ingénierie de la formation » faisant partie du programme d’activités contenues dans la convention de partenariat signée le 19 décembre 2014 entre le Ministre Camerounais des Finances et le PDG d’Expertise France.

Du 26 mars au 08 Avril 2015, le PSSFP a animé à l’intention des personnels et responsables du FEICOM, trois sessions de séminaires sur le thème ci – après : «  Comprendre la loi de finances 2015 et les modalités de son exécution », l’objectif général de ce séminaire visait à familiariser les personnels du FEICOM à l’esprit et à la lettre de « la Loi de Finances 2015 et les modalités de son exécution ».

dimanche, 16 août 2015 12:49

Appui à la réforme des finances publiques

Le ministère des Finances du Cameroun et Expertise France ont signé une convention de partenariat le 19 décembre 2014, visant à soutenir les activités de formation du Programme supérieur de spécialisation en finances publiques (PSSFP) futur Institut Supérieur des Fiances Publiques (ISFP) du Cameroun. 

L’objectif : renforcer les compétences des agents du ministère des Finances, accompagner les réformes engagées par le ministère pour moderniser son fonctionnement et son organisation et ouvrir le programme de formation à un plus large public pour faire de l'ISFP un lieu d’échanges et de réflexion sur les questions de macroéconomie et de finances publiques.

Le programme d’action sera mis en œuvre selon 3 axes :  

  • Développer des formations courtes « métiers » en finances publiques, notamment pour renforcer certains domaines spécifiques : gestion budgétaire, comptabilité publique, finances publiques locales ;
  • Développer des activités transverses intégrées au programme de formation : formation de formateurs ;
  • Développer la mise en place de conférences internationales avec la participation d’experts internationaux afin de partager les expériences et encourager les débats en matière de finances publiques.

La convention de partenariat fait l’objet d’un cofinancement d’un montant de 140 000 euros et permettra de soutenir le Cameroun dans son projet ambitieux de réforme et de modernisation de ses finances publiques.

Les auditeurs du PSSFP ont assisté le vendredi 07 novembre à la présentation d’un exposé du Rapport du FMI présenté par le Dr Boriana Yontcheva représentante du FMI, où des inquiétudes ont été soulevées sur les perspectives économiques régionales de l’Afrique subsaharienne et du Cameroun.

 

Deux faits marquants retiendront l’attention au cours de cet exposé : le baril de pétrole diminuera dans les années à venir, et si le Cameroun veut atteindre l’émergence en 2035, il devra augmenter son taux de croissance à 10% dès 2016 et le maintenir, selon les prévisions du FMI.

Avec un taux de croissance de 5,1% en 2014, les prévisions du FMI l’estiment en augmentation à 5,8% en 2015. Au regard de cette montée fulgurante, le Cameroun se place parmi les pays à fort taux de croissance, l’Afrique subsaharienne étant la 2ème région la plus dynamique au monde. Si d’importants progrès se font voir au sein du Cameroun, c’est le résultat d’une croissance en infrastructure notamment : les TIC, l’accès à l’eau potable, à l’électricité, les routes … ce qui a permis à de nombreux investisseurs de s’installer, le premier partenaire étant la Chine.

Cependant, il ressort que de nombreuses inégalités se font observer entre le niveau de développement des pays et leur infrastructure. Parfois, plus le pays est développé, plus l’infrastructure est de mauvaise qualité, il faut donc en ce qui concerne le Cameroun dont l’infrastructure n’est pas suffisante, trouver un moyen de rendre le budget d’investissement publique efficace et stopper le déficit de la dette qui continue de croitre et qui risque de passer à 40% en 2019. Il faut en cela qu’il sache pourquoi il s’endette et ce qui est fait avec l’argent emprunté.

Bien que le Cameroun ait renoué avec la croissance, ses 5,1% de taux de croissance restent en deçà de la moyenne de l’Afrique subsaharienne et ne réduisent pas la pauvreté dans ce pays. Il devra d’avantage se ménager pour garder le cap. Pour ce faire les projets structurants c’est bien, ils doivent être maintenus, mais en plus, le Cameroun devra optimiser les recettes non pétrolières, équilibrer les finances publiques, mettre en place des mesures facilitant la promotion du secteur privé, améliorer la gouvernance, et l’accès au crédit.

Christelle Otto

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